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L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.
À consommer avec modération.

Est-ce que le gin rend fou ?

Est-ce que le gin rend fou ?

Parfois adulé, parfois détesté, le gin ne laisse pas indifférent. Sa consommation immodérée au début du 18e siècle à Londres a alimenté les ragots en tout genre et l’idée que cette boisson rendait fou a été largement répandue. Mais qu’en est-il vraiment ?

Des origines européennes

C’est au 15e siècle que l’histoire du gin débute. Les Italiens utilisent alors le genièvre comme plante médicinale. Un peu plus d’un siècle plus tard, le docteur Franciscus Sylvius (1614-1672)
développe son utilisation et crée Le Genièvre, boisson vendue en pharmacie, contre les problèmes de digestion et autres maux d’estomac. Très vite, cette préparation connaît un engouement populaire, notamment grâce à son prix modéré, au point de devenir la boisson nationale des Provinces-Unies (ancien nom des Pays-Bas).

Exportation du breuvage

Les mercenaires anglais, nombreux sur les terres des Provinces-Unies, favorisent l’exportation du gin. Leurs déplacements dans de lointains pays les obligent à prendre de la quinine pour prévenir le paludisme. Cette substance naturelle extraite du quinquina, pêche par son goût amer. Les mercenaires ont alors l’idée de la mélanger à l’alcool des Hollandais allongé d’eau gazeuse sucrée. C’est le premier Gin Tonic. C’est un tel succès qu’ils le ramènent dans leur pays au 18e siècle.

La folie du gin

L’arrivée sur le trône d’Angleterre de Guillaume III, prince d’Orange, en 1689, va favoriser la notoriété du gin dans le pays. En effet, sous son règne, des lois interdisant l’importation de produits français tels que le brandy, et l’abolition du monopole des distillateurs encouragent la production de gin et sa consommation.

Londres sous l’emprise du gin

Au début du 18e siècle, Londres tombe dans ce que les historiens ont appelé l’ivresse du gin. Nombreux sont les ouvriers à s’enivrer avec la boisson au genièvre, tant celle-ci est facile à se procurer. Cette dépendance au gin conduit à de nombreuses scènes de violence et détruit les familles. De plus, la médiocre qualité de la distillation entraîne une augmentation de la mortalité qui oblige le Parlement à intervenir. Plusieurs Gin Act sont alors votés pour mieux contrôler la qualité du gin et pour en réduire la consommation. Grâce à ces lois, Londres évite la chute.

De l’histoire au mythe

Après avoir vécu une nouvelle heure de gloire lors de la prohibition des années 1920 aux États-Unis, le gin, concurrencé par la vodka, a été snobé pendant quelques décennies avant de revenir sur le devant de la scène.

Une renaissance difficile mais réussie

Le gin a longtemps souffert de la mauvaise facture de certaines productions de contrebande qui rendaient ses consommateurs aveugles ou impotents. Il faudra du temps avant que cette fausse réputation soit mise de côté et que le gin revienne en force dans les cocktails des années 70 et 80. Les producteurs de gin opèrent alors un tournant. Les techniques de distillation et de production s’améliorent considérablement. Les recettes sont revisitées et intègrent de nouvelles herbes aromatiques pour en faire un produit d’exception. Aujourd’hui, la qualité gustative de cette boisson ne fait plus aucun doute.

Si la mésaventure de la mégalopole londonienne a alimenté les idées reçues pendant des siècles, le gin ne rend pas fou. Cependant, comme toutes les boissons alcoolisées, il doit être consommé avec modération !